Puisque je suis assis sous ce pin vert et sombre

La Verdure dorée

Puisque je suis assis sous ce pin vert et sombreQui domine au soleil les tumultes marins,Ô Muse, apporte-moi les syllabes de l’ombrePour rimer au premier de ces alexandrins.

Je sais que tout est vain ; je sais que tout est graveEt je sais que mes vers tu ne les entendras,Amie aux beaux cheveux qui rêves dans mes bras,Cependant que le bleu s’argente sur la rive.

Pour toi ne faudrait-il chanter comme certainsLes sérénades à Grenade, les œilladesEt les baignades sans noyade des naïades,L’échelle au clair de lune et l’amour au printemps ?

Mais tu dors ; langoureuse et lasse tu reposes,Les cheveux caressés par le vent de la mer ;Mais tu dors et ta main laisse glisser des rosesSur le sable stérile et dans mon cœur amer.

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