Tu ne crois plus aux beaux cheveux

La Verdure dorée

Tu ne crois plus aux beaux cheveux,Aux seins qu’une rose décore,Et, le cœur morose, tu veuxCependant les chanter encore.

Un beau regard, s’il te sourit,Tu le railles, mais tu regrettesCes printemps morts où ton espritÉtait plein d’étoiles secrètes.

Herbes chaudes, lilas mouillés,Bleus platanes sous l’azur ivre,Et l’amour, tu t’émerveillais,Tu dansais, tu riais de vivre,

Roses rouges, feuillages verts,Tumulte des gloires physiques,L’univers sonore et diversN’était que couleurs et musiques,

Et tu chantais, mais cette voix,Ténor naïf, n’était que celleDu printemps ivre dans les boisEt de la vie universelle.

Et pourtant, ce temps était beauMais où sont les vieilles rosées ?Tu promènes sous ton chapeauDes constellations brisées,

Et te penchant sur le décorDe l’ancienne frénésie,Tu la veux respirer encorAinsi qu’une rose moisie.

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