Les Comédiens et la société polie — 01

A vous les chants d’amour, les récits d’aventures,Les tableaux aux vives couleurs,Les livres enchantés, les parfums, les parures,Les bijoux d’enfant et les fleurs.A vous tout ce qui rit aux yeux, qui plaît à l’âmeEt fait aimer l’instant présent ;Vous qui donnez à tous une vie, une flamme,Un nom tout jeune et séduisant ;Vous que l’illusion consume, inspire, enivreDe bonheur ou de désespoir,Reine des passions qui deux fois savez vivre,Pour vous le jour, pour tous le soir.Pensive, solitaire ou tragique merveille,Cœur simple, esprit capricieux,Riant chaque matin des larmes que la veilleVous files tomber de nos yeux ;Des chants inspirateurs respectez l’ambroisie !Loin du vulgaire âpre et fatal,Vivez dans l’art divin et dans la poésie,Comme un phénix dans du cristal.

Une lutte éternelle, en tout temps, en tout lieu,Se livre sur la terre en présence de Dieu,Entre la bonté d’Homme et la ruse de Femme,Car la femme est un être impur de corps et d’âme.L’homme a toujours besoin de caresse et d’amour ;Sa mère l’en abreuve alors qu’il vient au jour…Car la bonté de l’homme est forte, et sa douceurExcuse, en l’absolvant, l’être faible et menteur…

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