Dénonciation de l’esprit des bois
XVIII
J’ai vu ton ami, j’ai vu ton amie,Mérante et Rosa ; vous n’étiez point trois.Fils, ils ont produit une épidémieDe baisers parmi les nids de mon bois.Ils étaient contents, le diable m’emporte !Tu n’étais point là. Je les regardais.Jadis on trompait Jupin de la sorte ;Car parfois un dieu peut être un dadais.Moi je suis très laid, j’ai l’épaule haute,Mais, bah ! quand je peux, je ris de bon cœur.Chacun a sa part ; on plane, je saute ;Vous êtes les beaux, je suis le moqueur.Quand le ciel charmant se mire à la source,Quand les autres ont l’âme et le baiser,Faire la grimace est une ressource.N’étant pas heureux, il faut s’amuser.Je dois t’avertir qu’un bois souvent couvreDes détails, piquants pour Brantôme et Grimm,Que les yeux sont faits pour qu’on les entr’ouvre,Fils, et qu’une absence est un intérim.
Un cœur parfois trompe et se désabonne.Qui veille a raison. Dieu, ce grand Bréguet,Fit la confiance, et, la trouvant bonne,L’améliora par un peu de guet.Tu serais marmotte ou l’un des QuaranteQue tu ne pourrais dormir mieux que çaPendant que Rosa sourit à Mérante,Pendant que Mérante embrasse Rosa.
12 août.
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