Samson

LA VOLUPTÉ.plaisirs et amours.BACCHUS.HERCULE.LA VERTU.suivants de la vertu.

ACTE PREMIER

Scène I.

Le théâtre représente une campagne. Les Israélites, couchés sur le bord du fleuve Adonis, déplorent leur captivité.)

DEUX CORYPHÉES.

Tribus captives,Qui sur ces rivesTraînez vos fers ;Tribus captives,De qui les voix plaintivesFont retentir les airs.Adorez dans vos maux le Dieu de l’univers.

CHOEUR.

Adorons dans nos maux le Dieu de l’univers.

UN CORYPHÉE.

Ainsi depuis quarante hiversDes Philistins le pouvoir indomptableNous accable ;Leur fureur est implacable,Elle insulte aux tourments que nous avons soufferts.

CHOEUR.

Adorons dans nos maux le Dieu de l’univers.

UN CORYPHÉE.

Race malheureuse et divine.Tristes Hébreux, frémissez tous :Voici le jour affreux qu’im roi puissant destineA placer ses dieux parmi nous.

Du charmant Adonis nous céli’brons la fêto :L’Amour (Ml ordonna les joux ;C’est rVniour qui les apprête :Puissent-ils niériler un regard de vos ymix !

Quel est co\ Adonis dont votre ^■oi\ aimableFait rehMilir ce Uonu s(’jour ?

(Vétail un héros indomptable,Qui fut aimé de la mère d’Amour.Nous ciiantons tous les ans cette aini ; ible aventure.

Vénus dans nos climats souvent daigne se rendre :C’est dans nos bois ([u’oii \itMit ; ij)i)r(Mi(1reDe son culte charmant I(Mis U^s S(M■l•(M~^ (li\iiis.Ce fut près de coWo (Uidc. en ("es rianls jardins.Que Venus enchanta le plus beau des humains.Alors tout fut heureux dans uu »^ paix profonde :Tout l’univers aima dans le sein du loisir.Venus donnait au mondeL’exemple du plaisir.

Que ses traits ont d’appas : que sa voix m’intéresse !Que je suis étonné de sentir la tendresse !De quel poison charmant je me sens pénétré !

Sans Venus, sans l’Amour. qu’aurait-il pu prétendre ?Oans nos bois il est adore.Quand il (’ut redoutable, il était ii^nore :11 devint dieu dès (pi’il fut tendre.Depuis cet heureux jourCes prés, cette onde, cet ombrage.Inspirent le plus tendre amourAu cœur le plus sauvage.

Je \(>us suis, je le dois ; j"ac(’« »pl(> m^s prosonis.Ml !… (|uol oliarnio puissant maiMÔto !\li ! dilVoro/ du moins, dilloro/. (|uol(|U(> tonipsCes honneurs brillants qu’on m’apprête.

Demeurez, présidez jà nos fêtes :Que nos cœurs soient ici vos conquetes.

Oubliez les combats ;que la paix vous attire.Vénus vient vous sourire,L’amour vous tend les bras.

Craii^noz N » plaisir <loc(>\antOù votre L’rand co’iir s’abandonne ;

Scène IV.

SAMSON, DALILA, cnoE.UR m : différents peuples.

I)E GUERRIERS, DE PASTEURS.

(Le temple de Vénus paraît dans toute sa splendeur, i

D.\LIL.\.AIR.

Amour, volupté pure,Anio de la nature,Maître des éléments,L’univers n’est formé, ne s’anime et ne dureQue par tes regards bienfaisants.Tendre Vénus, tout l’univers t’implore,Tout n’est rien sans tes feux !On craint les autres dieux, c’est Vénus qu’on adore :Ils régnent sur le monde, et tu régnes sur eux.

GUERRIERS,

Vénus, notre fier courage,Dans le sang, dans le carnage.Vainement s’endurcit ;Tu nous désarmes ;Nous rendons les armes :L’horreur à ta voix s’adoucit.

UNE PRÊTRESSE.

Chantez, oiseaux, chantez ; votre ramage tendreEst la voix des plaisirs.Chantez ; Vénus doit vous entendre ;Portez-lui nos soupirs.Les filles de FloreS’empressent d’éclore

Dans ce séjour ;La fraîcheur brillanteDe la fleur naissanteSe passe en un jour :Mais une plus belleNaît auprès d’elle.Plaît à son tour ;Sensible image

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