Tanis et Zélide

ACTE PREMIER

Scène I.

ZÉLIDE, PANOPE.

ZÉLIDE.Dieux bienfaisants, qu’en ce bois on adore,Protégez-moi toujours contre mes oppresseurs !Les mages de Memphis me poursuivent encore ;Et de simples bergers sont mes seuls défenseurs.C’est ici que Tanis a repousse la rageDe nos implacables vainqueurs.Je n’ai d’autres plaisirs, dans mes cruels malheurs,Que de parler de son courage.

PANOPE.

Oubliez-vous Phanor ?

ZÉLIDE.

A mjon père attaché.Il a suivi mon sort ; je coniiais sa vaillance.

PANOPE.

Ah ! que vous le voyez avec indifférence !

ZÉLIDE.

Il a fait son devoir ; mon coeur en est touché.

PANJOPE.

Des mages de Memphis il brava la colère.Depuis que ces tyrans ont détrôné les rois,

Il iTcii ost point, Tanis ; et s’il en eût été,L'amour Taurait fait disparaître.Ce n’est pas des grandeurs où les dieux m’ont fait naîtreQue mon cœur est le plus flatté.

L’amant que votre cœur préfèreDevient le premier des humains ;Vous voir, vous adorer, vous plaire,Est le plus brillant des destins :Mais quand vous m’êtes propice,Le ciel paraît en courroux ;J’aurais cru que sa justicePensait toujours comme vous.

Vous punir ? vous, Tanis ! quelle horrible injustice !Ah ! que plutôt Memphis périsse !Évitons ces murs odieux,Évitons cette ville impie et meurtrière.Je reno’nce à iAIemphis, je demeure en ces lieux :Vos lois seront mes lois, vos dieux seront mes dieux :Tanis me tiendra lieu de la nature entière :Je n’y vois plus rien que nous deux.

Osiris que l’amour engage.Toujours aimé d’Isis, et toujours amoureux.Nous serons fidèles, heureux,Dans cet obscur bocage,Comme vous l’êtes dans les cieux.

Sur un vaisseau caché près du rivageIls ont fendu les flots impétueux.Sur la foi des serments nous demeurions tranquilles :C’est la première fois qu’ils ont été trahisDans le sein de ces doux asiles,Elle invoquait les dieux, elle appelait Tanis :Nous ne répondions à ses crisQue par des sanglots inutiles,

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