Chapitre XXXI

À ma lyre j’ai dit : « Qui troubla tes accents ?— C’est, dit-elle, celui dont se moquaient mes chants. »La lame d’argent plie, et l’acier seul résiste.La bonté perd courage, et la haine persiste.

Du miel le doux parfum flatte un moment nos sens,De l’absinthe le goût se fait sentir long-temps.L’agneau suit le boucher, sur les monts le loup veille ;Quand la bonté s’endort, la vengeance s’éveille.

J’ai dit au fer : « Pourquoi brilles-tu plus long-tempsSur l’enclume rougi, que le tison des champs ?— Je viens, dit-il, d’un gouffre, et lui d’un frais bocage. »La clémence est muette, et la vengeance outrage.

« Chêne, aux rameaux de cerf ressemblent tes rameaux.— Hélas ! je périssais rongé des vermisseaux. »La nuit l’enfant puni sait ouvrir la tourelle :La bonté n’a qu’un jour, la haine est éternelle.

L’éclair détruit la flèche où la cloche sonnait ;L’orage, les vaisseaux qu’un doux zéphyr berçait ;Point de vaillant héros sans un fort adversaire ;La bonté dure peu, la vengeance est colère.

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